Est-ce la forme appropriée? Peut-être que le commentaire sur le billet intéressé aurait-été suffisant?
En mal de billet, je vais plutôt faire le jeu de la passerelle. Le billet donc il est question, au départ, est donc celui-ci.
Laurier nous propose une distinction plus sémantique que "morale" entre la pornographie et l'érotisme. Si je souscrit en partie à ce retour aux sources, je crois que cependant l'eau a couler sous les ponts et que les enjeux de pouvoirs, d'argent, de religion, et de contrôles des citoyens - désormais de plus en plus consommateurs que citoyens - font que les choses ont glissées, et que l'usage courant d'un vocable dans une société demeure plus porteuse de sens dans "ce que ça dit de l'état du monde" au moment ou on le regarde, que l'usage du même terme dans une langue - un argot - de professionnel. La perversité de tous les jours n'est pas celle du psychiatre.
Disons, aussi, à l'adresse du lecteur, que ce billet n'est pas une polémique avec Laurier, mais un rebond de ma part pour essayer dans ma petite paroisse intime de faire le ménage serait trop dire, mais voir comment ça peut être mouvant, comment on peut - si possible - tirer un peu sur la pelote ... rien ne nous garantissant cependant d'avoir un beau pull à l'arrivée ... mais bon, c'est tricoter qui est intéressant, ou c'est de finir l'écharpe?
L'argent serait donc l'objet qui ferait que l'éros passerait en pornè (courtisane). De la vente de son corps contre des rapports charnels, le pornè à fini par prendre aussi en charge la représentation de l'acte sexuelle, que se soit sous la forme de l'image, de l'écrit, ... , et l'évolution des technologies aidant de la photographie et du cinéma. Si au sens stricte de la langue, le rapport à l'argent me semble pouvoir être satisfaisant, ou une piste intéressante, il me semble qu'à la confrontation de la réalité d'aujourd'hui la chose ne tienne plus tout à fait - sauf à dire, que toutes productions d'éros qui instaurait un échappe monétaire (entre le peintre et le modèle, puis entre le peintre et l'acquéreur de la toile, par exemple) ferait basculer dans un camps plutôt qu'un autre l'oeuvre... Quiconque photographiant une fesse, mais la payant, ou la vendant, serait alors pornographe. C'est ici - avec peut-être un brin de mauvaise foie amicale, ou une mauvaise lecture, ce n'est pas à exclure - que je pose je fais mon schisme avec Laurier. Je pense que le rapport à l'argent est bien sûr toujours présent dans l'industrie du porno (mais comme dans toute industrie) mais qu'on ne peut pas faire l'impasse sur ce qui est montré. Que l'on peut aussi faire de la pornographie sans argent, et internet aidant (par exemple) en assurer une diffusion gratuite.
Si, bien sûr, la définition personnelle de Laurier est tout à fait acceptable, je vais rester plus basique et m'en tenir à la définition que je m'en fais : "La pornographie est la représentation explicite d'actes sexuelles". Pour en donner une autre, qui pose aussi plein d'autres problèmes, mais que j'aime bien aussi justement pour les problèmes que ça pose , serait celle qui, paraphrasant Bergson dirait : "La pornographie, c'est de la technique plaquée sur de l'humain." - c'est class quand même! Non??
avant de vous lâchez la grappe, je vais quand même finir en disant juste qu'effectivement, ce qui m'intéresse quand je fais de la pornographie ce n'est pas la stricte volonté de montrer mécaniquement un emboitement entre un anus et un gode, mais l'invisible trouble que ça fait, à celui qui regarde/enregistre, à celle qui se le met, pour elle et se sachant regardée / enregistrée, et plus tard exposée ... C'est donc, la part d'humain que je "cherche" dans la pornographie, précisément là où l'on croit qu'il n'y en a pas.
Modif :je devrais dire : précisément là où l'on croit qu'il n'y en a pas; là ou l'industrie de la pornographie c'est évertuée à l'ôter pour répondre à deux exigences du marché : la vidéo à domicile - volume des ventes - et le pouvoir politique règlementant plutôt qu'interdisant... (enfin, bon, j'arrête là, sinon on repart dans un truc ...)

(La discrète - 2007) - Eros? Pornè? Art? Provocation?
(Si après un tel machin, vous ne courez pas acheter votre pass pour "LBN (X-plicite gallery)" pour voir combien je suis un génial pornographe, c'est a désespérer!
)
Pierre Radisic, avec PORNSCAPES (aux éditions Goliath) nous réjouit. 






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